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Rencontre avec Ilia Renon, Blogueuse engagée et inspirante.

Ilia Renon est une blogueuse engagée. Pour la consommation responsable, l’écologie, le féminisme, l’écoute de son corps… Elle partage au quotidien sa manière de “vivre en conscience”.

Consommer mieux, ça rend heureux ?

Rencontre entre Ilia et la plate-forme engagée Dream Act pour vous raconter les coulisses de la collab’ Kitiwaké by Ilia.

Fan absolue de Yoga, elle vient de sortir une collection de vêtements pour cette pratique avec la référence en matière de sport éthique : Kitiwaké. Elle nous raconte sa démarche, l’importance de l’écoute de soi, mais aussi de son rapport à la consommation qui n’a pas toujours été engagé comme il l’est aujourd’hui.

 

Le débardeur Tina by ilia porté avec le legging Sea Turtle.

DREAM ACT : Tu as lancé la collection de vêtements yogawear, avec Kitiwaké. Qu’est-ce qui t’a plu dans la démarche de cette marque engagée ?

ILIA : Avant de blogger, il faut savoir que j’étais coach en image. A travers mon accompagnement, j’aidais des femmes à se regarder autrement, à s’aimer un peu plus. J’aimais déjà le pouvoir des vêtements, la façon dont un vêtement peut nous révéler, quand on se connaît suffisamment pour savoir ce qui nous va. J’adorais d’ailleurs un peu trop les vêtements (rires), puis ça s’est calmé et j’ai commencé à acheter moins.

Kitiwaké, c’est une vraie rencontre : je les ai contacté pour tester un pantalon de leur collection. Je l’ai littéralement adoré, je le portais la moitié de la semaine ! Ce qui m’a plu, c’est d’abord que ce soit une entreprise de femmes, et ensuite la complémentarité entre Cannelle et Juliette, les fondatrices. Cannelle vient du design de robes de mariées, elle a une expertise incroyable pour mettre en valeur tous les corps. Les vêtements Kitiwaké sont faits pour aller à un maximum de morphologie, la démarche est très inclusive. Juliette, quant à elle, est du côté gestion, logistique. Je trouve leur duo très chouette. J’ai aussi aimé leur envie de faire toujours mieux : une recherche constante pour trouver des meilleures matières toujours plus éthiques et écologique, une production au Portugal plutôt qu’en France pour garder des prix accessibles, avec toujours une éthique très très forte.

Alors attention, je ne dis pas que ces vêtements sont “‘abordables” pour tous, ça dépend vraiment des moyens et priorités de chacun. Mais que vaut-il mieux ? Acheter un pantalon de qualité, éthique, que vous conserverez longtemps, ou 3 pantalons Décathlon qui ne vont pas durer et sont fabriqués de façon opaque ? Dans le premier cas, non seulement on investit dans du durable, mais on envoit aussi un message fort qui est “Voilà ce que je veux consommer et que je souhaite privilégier”.

 

Quel a été ton rôle dans la création de cette collection ?

J’avais une brassière ramenée de Bali, pas particulièrement éthique, dont on me demandait souvent la provenance. J’ai proposé qu’on se base sur cette réelle demande de ma communauté. On a ainsi créé une brassière similaire dans la coupe qui plaisait tant, mais mieux faite au niveau de la qualité et de l’éthique. Au final, la brassière a beaucoup évoluée ! On l’a adaptée en termes de confort, de praticité, de design...On voulait créer une brassière qui maintienne, mais sans presser les côtes afin de bien respirer. Qu’elle soit décolletée, mais pas trop, pour aller à toutes les poitrines. Echancrée sur les côtés pour être à l’aise, mais pas trop, pour maintenir la poitrine. Qu’elle ne tire pas dans le dos…etc.

Le confort était essentiel, car je suis très à l’écoute de mon corps. Je suis un peu chiante en fait ! (rire)  “Ah non là ça va pas, il faut retendre un peu le fil là, et le resserrer ici”.

Pour l’autre pièce sur laquelle j’ai collaboré, le débardeur, je voulais qu’il cache les bretelles du soutien-gorge, tout en permettant des mouvements amples. Cannelle a eu l’idée de la couture centrale qui apporte de la longueur avec un échancré dans le dos qui rend la pièce féminine. Enfin, on a beaucoup travaillé la largeur : un débardeur près du corps, sans être moulant. Le but était de s’y sentir à l’aise, mais qu’il reste en place pendant les poses de yoga notamment celles où tu as la tête en bas !

pausesacré
nature, magic, love, conscious : La Brassière Eka by Ilia

 

Le choix des matières est très réfléchi : du coton biologique et du lyocell. Tu peux nous en dire plus sur ton engagement écologique ?

Pour moi, tout est lié. La base de tout, c’est de vivre en conscience.

A la base, ça part du développement personnel qui est très important pour moi. J’ai appris à “vivre en conscience”. Vivre en conscience, c’est par exemple quand on se lève le matin, essayer d’être dans son corps, pas trop dans sa tête. C’est, à chaque action, se poser la question : “ D’où ça vient ? Est-ce que c’est aligné avec mes valeurs ?” Sans pour autant passer son temps à culpabiliser. On fait de notre mieux. Et on ne sera jamais parfait.

Et ce vivre en conscience passe forcément par un engagement écologique, ou alors tu es vraiment déconnecté de la planète sur laquelle tu vis. Si tu vis en conscience, à mon sens, tu ne peux pas dire “ça ne me concerne pas”.

Je pense que de toute façon, plus on est aligné avec soi, plus la réalité autour de nous s’aligne aussi. Et ça n’est même plus un effort, par exemple payer plus cher pour un vêtement éthique et responsable n’est plus un effort car c’est logique : je paie un prix juste pour de la qualité, pour soutenir des créateurs, pour ne pas faire de mal à la planète, pour ne pas surconsommer… Ca parait d’un coup très logique !

 

Quel a été le déclic pour t’intéresser au développement personnel et à l’écologie ?

J’ai fait une fac de psycho, car j’ai toujours été une grande curieuse qui voulait tout comprendre. Au début, tu cherches à comprendre le monde qui t’entoure et au bout d’un moment, tu te rends compte que l’idée c’est d’abord de se comprendre soi.

J’ai aussi un papa qui est très engagé écologiquement. J’ai baigné dans l’écologie depuis toute petite. C’est ce qui a fait que j’ai fuit ça à l’adolescence pour aller dans la conso à l’excès. J’ai eu besoin d’expérimenter les deux. Aujourd’hui, mes choix ne sont pas ceux de mon père ou de quelqu’un d’autre. Je ne les fais pas pour plaire à mon entourage. Je les fais parce que c’est juste, parce que c’est aligné avec moi et que cela correspond à qui je suis.

 

Un conseil pour faire des choix plus en accord avec soi-même ?

Commencer par ce qui est le plus important pour toi : l’alimentation, la mode, les cosmétiques ? Si tu es du genre à vouloir tout changer en même temps, pourquoi pas, mais c’est souvent plus difficile. C’est important d’accepter que ça se passepetit pas par petit pas.

Ne pas être dans la culpabilité tout le temps. Ça ne sert à rien. Plutôt se demander : “ok, qu’est ce que je peux faire ?”. Tu peux arrêter d’aller chez Carrefour pour privilégier Biocoop. Mais si demain, tu as besoin de riz et que tu vas le prendre au supermarché en bas de chez toi, c’est ok ! Si tu n’es pas sensible à la mode éthique, c’est pas grave, ça viendra. Il faut accepter de ne pas y être sensible pour le moment, tout en gardant en tête que le sujet est important.

Être curieux, aller voir sur des plateformes pour se rendre compte que la mode éthique peut être jolie, que ça n’est pas inabordable.

Commencer aussi par regarder les étiquettes, c’est aussi ça vivre en conscience ! Les étiquettes de ce que tu manges, de tes vêtements, de tes cosmétique. A partir du moment où tu comprends d’où ça vient et comment c’est fabriqué, ça te calme!

Quand tu vois “made in Bangladesh” sur tous tes vêtements, demande toi ce que ça veut dire. Ca vient d’où ? Bangladesh, ok. Qui l’a fabriqué, dans quelles conditions ? Le tissu, c’est quoi ? Comment est-il fabriqué ? A partir de quoi ? Sachant que beaucoup contiennent des métaux lourds et des perturbateurs endocriniens, c’est une question importante à se poser. Est-ce que cela correspond à ce que j’ai envie de porter ? Aux vibrations que j’ai envie de porter ?

Ou pour la viande par exemple : d’où vient ce steak ? D’un animal, ok. Il est tué dans un abattoir. De quelle manière ?

C’est comme ça que tu changes ta vie, petit à petit : en mettant de la conscience.Et à un moment, il peut se passer un truc en toi qui est fort et tu te dis “ok je ne peux plus faire ça, c’est plus possible !”

En étant dans l’inconscience et l’innocence des choses, ta vie est plus facile, car tu te poses moins de questions. Quand tu commences à réaliser la réalité du monde dans lequel tu évolues, tu ne peux plus faire comme avant.

C’est comme les personnes qui disent “je peux pas regarder des vidéos d’abattoirs car sinon je ne pourrais plus manger de la viande.” Ils n’ont pas envie d’arrêter de manger de la viande, donc ils préfèrent rester dans le déni. C’est un choix.

 

Tu dis que quand on ne se pose pas trop de questions, la vie est plus facile. Quand on accepte de se les poser et de changer sa consommation, est-on plus, ou moins heureux ?

Moi je suis plus heureuse. Je suis plus heureuse et ce n’est même pas quelque chose qui s’explique. Je vais être un peu spirituelle mais je trouve que c’est du registre de l’âme. Tu sens que tu es vraiment aligné avec ce qui est juste pour toi. Il n’y a plus d’efforts, c’est simplement ce qui est juste pour toi. Forcément tu es plus heureuse, car être aligné avec soi fait un bien fou! Je ne reviendrai en arrière pour rien au monde.

Pour finir, peux-tu nous parler de ton engagement féministe ?

C’est nouveau ! Enfin non, c’est le terme “féministe” qui est nouveau pour moi. Je ne me revendiquais pas “féministe” car j’associais ce mot à une partie du féminisme qui me semblait extrême.

Je crois dans une forme d’équité. La planète a besoin des hommes ET des femmes : le but n’est pas de remplacer le patriarcat par le matriarcat. Il faut trouver un équilibre entre l’homme et la femme, et au-delà, un équilibre entre les énergies féminines et masculines qu’on a tous à l’intérieur de nous.

Quand on arrive à trouver cet équilibre et à accepter qu’on est fait de tout ça à l’intérieur, on peut accepter qu’à l’extérieur ce soit pareil. Il faut redonner la parole à cette énergie féminine, que les hommes se l’autorisent, mais que les femmes le fassent aussi ! Car j’ai l’impression qu’on a tû ça pendant longtemps pour devenir des wonder woman et répondre à ce que la société attendait de nous, alors qu’en fait c’est une part de nous…mais on est pas que ça, on est bien plus.

Selon moi, il faut se donner l’autorisation d’aller explorer toutes nos facettes. Je n’ai pas envie de m’arrêter à la dichotomie des énergies féminines/masculines.Mais plus simplement parler d’aller explorer ta force comme d’aller explorer ta fragilité, ta vulnérabilité comme ta colère. C’est ok, en fait. Redonner de la place à tout ça et arrêter de juger “ça c’est bien, ça c’est mal”. On parle d’ombre et de lumière. Mais l’ombre ce n’est pas mal, c’est simplement ce que l’on cache et que l’on ne met pas en lumière souvent parce qu’on a peur. Je pense que si chacun faisait cette exploration, le monde irait beaucoup mieux !

Je matérialise mon engagement dans mes retraites avec des femmes, pour des femmes. L’idée dans cette retraite, quitte à être présomptueuse, c’est de leur faire toucher du doigt qui elles sont derrière ce qu’elles pensent être et les masques qu’elles portent depuis des années. Leur permettre de contacter cette puissance qu’elles ont à l’intérieur d’elles et qu’elles ont fait taire.

L’urgence elle est là, aussi, pour moi : reconnecter les femmes à ce pouvoir, de dire non, de dire oui. De s’autoriser un vrai oui et un vrai non.

 

Découvre l’univers d’Ilia sur son blog ou son compte Instagram 

Claire Chouraqui

Article rédigé par :

CLAIRE CHOURAQUI (Dream Act)

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